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22 janv. 2013

Lacher-prise.

Je suis pas quelqu'un d'hyper stressée/anxieux/angoissé/insère ici ta névrose , mais...
J'ai jamais particulièrement été angoissée pour tout ce qui est examens, oraux, entretiens d'embauches... Un peu nerveuse, oui, j'avais le trac oui, mais du "bon" stress. Du stress "normal", MAIS...
Mais, putain, je crois que j'aurais jamais mon permis.J'ai 26 ans et je galère, en conduite, un truc de dingue. A cause du stress. Ouais, je sais, c'est l'excuse favorite de quand on rate un truc. C'est à cause du stress. Et ben maintenant je ferme ma gueule parce que... c'est vrai.



Et là je comprends pas ce qui m'arrive.
C'est pas être au volant et conduire qui m'angoisse, parce que en fait, eh, j'aime ça. J'aime conduire. Je conduit même pas trop mal (en même temps, à 26 ans, je suis en conduite accompagnée, alors, heureusement)
Mais, dès que je suis au volant avec un moniteur, ou encore pire, l'examinateur (ET le moniteur) c'est la panique à bord et mon cerveau me fait un bon gros CIAO BABY à plus tard. Et je fais n'importe quoi.
Mon moniteur, fin psychologue, me dit que je manque d'autonomie et de confiance en moi.
Oui, merci, c'est bien. Très personnalisé comme analyse. Mais non PUTAIN je sais que je sais conduire, je sais que je gère le steak quand... Ben, quand personne regarde par dessus mon épaule ce que je fais pour voir si je le fais bien. Alors, logique, je fais de la merde.

Alors j'ai essayé plein de trucs. L'homéopathie. La relaxation. La méditation. La visualisation (moi, assise en tailleurs sur mon lit, à écouter de la musique classique les yeux fermés en m'imaginant prendre des ronds-points et faire des marches arrières). Les mp3 d'auto-hypnose. Et rien. QUE DALLE. Ça ne marche pas un beignet.

Du coup, grosse grosse remise en question en mode crise existentielle.
Je n'ai pas confiance en moi.
Je ne suis pas autonome.
J'ai affreusement peur de l'échec.
Je suis flemmarde.
Je procrastine.
Je ne sais pas prendre de décisions.
Je ne me mouille jamais parce que j'ai peur.
Je n'ose pas m'affirmer.
J'ai peur d'être abandonnée.
Je ne sais pas ce que je veux.
Je ne sais pas qui je suis.
En gros : il faut que j'aille voir un psy, MAINTENANT, je suis une loque, je suis tarée, j'ai de GROS GROS problèmes, il faut que je me ressaisisse, maintenant, avant qu'il ne soit trop tard.
J'ai passé des jours, mortifiée devant ce que j'étais et ce que je n'étais pas.
Et puis, à un moment, je me suis dit... Non. C'est n'importe quoi. T'es ptêt nulle à gérer ton stress au volant, mais c'est tout. Et c'est pas grave.
Parce que j'ai peut-être pas de la confiance en moi à revendre, mais j'en ai quand même suffisamment pour savoir en quoi je suis douée et en quoi je le suis moins.
L'autonomie, j'en ai à revendre par contre, et c'est plus ça le problème, j'ai horreur de ne pas pouvoir faire les choses moi-même (genre, conduire)
J'aime être seule, j'aime ne pas dépendre de quelqu'un d'autre, j'ai horreur qu'on me dises quoi faire. je suis partie en voyage toute seule, plusieurs mois, mon sac sur le dos. Et c'était cool.
Quand mon père est tombé malade, j'ai tout géré pour toute ma famille. J'ai été forte parce qu'eux ne l'étaient pas.
Je n'ai pas spécialement peur de l'échec, parce que j'ai déjà échoué dans pas mal de trucs et c'était pas grave. Pas très agréable, certes, mais pas grave.
Je suis un peu flemmarde... Mais pas plus que n'importe qui, et j'ai même tendance à bosser comme une dingue quand je veut quelque chose (surtout si c'est quelque chose d'agréable, certes, mais quand même)
Je procrastine, non. Enfin, ça m'arrive de temps en temps, mais c'est rare.
Et je sais prendre des décisions. J'ai décidé d'arrêter mes études pour choisir une autre carrière, et de changer de ville par là-même au risque de perdre la personne avec qui j'étais (ce qui n'a pas été le cas, ce qui aurait peut-être été préférable, mais qu'importe) Et puis j'ai décidé de quitter cette personne alors que beaucoup de choses auraient été beaucoup, beaucoup plus faciles si je ne l'avais pas fait. Et puis j'ai décidé de re-changer de ville, quelques années plus tard, pour démarrer une quasi nouvelle vie. Et j'ai décidé de passer le permis coûte que coûte (et je peut vous assurer que ça coûte très, très cher) même si j'en ai un peur bleue.
Et oui, j'ai peur de certaines choses, du coup je suis prudente, dans certains cas je n'ose pas m'affirmer parce que je ne suis pas à l'aise, mais à d'autres moment j'ai foncé tête baissée droit dans le mur, et tant pis si ça fais mal. Je me suis engagée dans des relations, des histoires, des boulots, des embrouilles, sans savoir ce que ça allait donner, sans hésiter. Et je ne l'ai jamais regretté, enfin, si, mais ça ne m'arrête pas pour autant. J'ai gueulé, crié, dit non, dit je veut ça, je veut pas ça, vas t'en, viens.
Je suis pas très citations et phrases censées t'inspirer et changer ta life, mais il y en a quand même une, une seule, qui m'aide :

"Jette ton coeur loin devant toi; et cours le rattraper"

Comme tout le monde, j'ai peur que les gens que j'aime m'abandonnent. Mais ça ne m'empêche pas de vivre. C'est normal, comme peur. C'est humain. Et j'ai déjà été quittée, trahie, abandonnée, délaissée ou ce que vous voulez, et ç'était pas cool, pas cool du tout, mais je m'en suis remise, j'en ai tiré des leçons, d'autres aussi en ont tiré des leçons, et ça n'est pas pour ça qu'il faut que je remette en question qui je suis et vivre dans la peur. Les gens que j'aime, je prends soin d'eux. Et si ils veulent partir, c'est triste, mais c'est comme ça que le monde tourne.
Et je sais ce que je veux. Je veux vivre en accord avec mes principes. Etre sereine. Indépendante. Entourée de mes amis. Voyager. Avoir le job de mes rêves. Faire de la peinture. De l'escalade. Je veux avoir mon permis. Etre libre, ou en tout cas, libre de choisir dans quoi je m'enferme.
Et je sais qui je suis - en constante évolution. J'étais radicalement différente il y a quelques années, je le serais encore dans quelques années. Heureusement.

Et je fais des dizaines de trucs intéressants  Je suis à l'écoute. Je suis attentionnée. Je suis créative. Je suis intelligente. Drôle. Ouverte. Engagée. Forte. Gentille. Sympa. Calme. Douée dans plein de choses.

Alors, Ok, j'ai beaucoup de mal à gérer mon angoisse quand je suis au volant d'une voiture. Oui. C'est comme ça. J'y travaille, je vais y arriver, mais ça prendras du temps. Et c'est pas grave.
Il faut savoir accepter de ne pas être doué dans un truc, d'avoir des failles, d'être nul, d'être névrosé. Parce que tout le monde à ses angoisses, ses problèmes, ses défauts. Et que si on les accepte pas, si on n'apprends pas à vivre avec et à se dire "C'est pas grave", mais tu te rends la vie juste impossible, et tout devient noir, angoissant, et tu te dis que tu ne verras jamais le bout du tunnel.
Alors que voilà, c'est pas grave. Il y a autre chose à côté. Je suis nulle là-dedans, mais je ne baisse pas les bras, j'y arriverais quand j'y arriverais.

Et à partir du moment ou j'ai réalisé ça, que c'était pas grave, l'angoisse a considérablement baissé. Je ne sais pas si ça ira mieux au volant, mais en tout cas, ça n'empiète plus  (trop) sur le reste. Je ne me dis plus que je ne suis qu'un paquet de névroses et de problèmes non-réglés, parce que c'est faux.

Je passe mon permis demain. Je ne sais pas comment ça va se passer. Peut-être que je l'aurais, peut-être que je ne l'aurais pas. Mais si je ne l'ai pas ? Je serais déçue, triste, énervée, mais ça ne sera pas le bout du monde. Je continuerais, jusqu'à ce que je l'aie, et c'est tout. Et c'est pas grave.

Lâchez-prise, merde quoi.

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