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3 avr. 2015

Vis ma vie de créateur indépendant

Je travaille dans la création, j'ai un blog qui parle de création, donc en gros, la création, c'est un peu toute ma life en ce moment.
C'est chouette, ça me plaît à mort et c'est mon choix, donc tout va bien. Mais quand je parle de mon boulot, ou je passe pour une irresponsable, ou pour la personne la plus chanceuse de la terre. Alors, j'ai envie de casser un peu l'image qu'on peux avoir du créateur indépendant : je ne suis ni irresponsable, et je ne travaille pas dans un état de béatitude constante. 


Disclaimer : Oui, je sais, cet article n'est pas d'un interêt foudroyant et vous n'allez certainement pas y apprendre le sens de la vie, mais ça me tient à coeur tout de même, parce que y'a des jours, j'ai vraiment envie de hurler au monde entier de se réveiller un peu. Ensuite, je ne vais pas parler de mon activité perso pro dans les détails. Alors oui, ça pourrais certes me faire de la pub, mais je tiens à mon anonymat ici (que je n'ai pas dans mon activité pro) donc j'ai choisit de ne pas trop en parler ici, j'espère que vous comprendez (parce que je sais que vous êtes très curieux et curieuses)


Quand je parle de mon métier et de mon boulot en général à des gens qui ne sont pas créateurs ou qui ne travaillent pas en indépendant, free-lance etc... J'ai deux types de réactions : 

1. L'admiration absolue genre ouaaah t'as trop de la chance ça doît être génial d'être un artiste qui vit dans un atelier de 897m² avec parquet en chêne brut et verrières innondées de soleil payé par ton riche mécène anonyme qui te paye jusqu'à la fin de ta vie pour faire de l'Art.

2. Le dénigrement total de la sale petite profiteuse de la société flemmarde et irresponsable que tu es, faut leur apprendre le sens du travail à ces gens-là mais de toute façon tu vas vite redescendre sur terre quand tu vas te planter et te décider à ENFIN prendre un vrai travail. Ces jeunes. Trop gâtés.

Et ça me gonfle. Etre créateur ET indépendant, ce n'est pas facile DU TOUT, ce n'est pas de tout repose et loin de là. Oui, j'ai de la chance de faire ce que j'aime. Mais ce n'est pas de la chance : c'est beaucoup, beaucoup de travail, des grosses prises de risques et de tête. 


1. Je n'ai pas un radis.


Déjà, je n'ai pas de mécène, de bourse, ou d'aide quelconque. Les seuls sous que j'ai, je les gagne par moi-même. Et je les réinvestit direct dans le loyer, les charges, le matériel, les fournitures, les factures, et en dernier, les pâtes pour manger. Le cliché du créateur super bien sapé qui pianote sur son dernier Iphone en sirotant son verre de vin dans son appartement hyper bien décoré dans le quartier bobo, je connaît pas. En fait, j'ai vu ça que dans les films. 

2. Je bosse comme une tarée


Parce que je ne compte que sur ma pomme pour vivre. Personnellement, je ne me vois pas vivre autrement, parce que j'ai eu beaucoup, beaucoup trop de coups bas de la part de boîtes, de patrons et j'en passe. J'ai vite finit par comprendre que quitte à galérer, à trimer comme une dingue pour gagner à peine de quoi assurer l'essentiel, autant faire tout ça toute seule. 
Mais du coup, je fais le boulot de 20 personnes : je suis créatrice, je suis technicienne, je suis comptable, je suis directrice de marketing, je suis webmaster, je suis préparateur de commandes, je suis photographe, je suis directeur des relations publiques, etc. Donc, je bosse tout le temps.

Et même quand je ne bosse pas, je pense à mon boulot, parce que le problème de la création, c'est que ça ne se commande pas, c'est quand ça vient, donc mieux vaut toujours être prêt à noter, griffonner voire mettre en oeuvre tes idées quand elles viennent. Parce que quand elles ne viennent pas, c'est la loose, vu que personne ne peut en avoir pour toi. 
Je me demande régulièrement pourquoi tous les magasins sont fermés et que les fournisseurs ne me répondent pas au téléphone avant de réaliser que c'est dimanche, ou férié. Parce que j'oublie régulièrement quel jour de la semaine on est, vu que je bosse tous. les. jours. 
Donc non, ce n'est pas reposant. Non, ce n'est pas de la flemme. 

3. Je n'ai aucune sécurité - et donc aucune crédibilité.


Je suis indépendant. Donc, je n'ai pas de CDI, pas de contrat, pas de fiches paye. Avec ça, va trouver un appart, va faire un prêt ou quoi que ce soit qui demande un minimum de justificatifs de solvabilité.
En dehors du fait que les institutions en titre ne m'accordent que très peu de confiance, je n'ai moi-même aucune sécurité. Si je suis malade, je n'ai pas de congé maladie. Si je suis fatiguée, je n'ai pas de congés payés. Si je n'ai pas de commandes et pas de boulot, je n'ai pas de chômage. Donc même quand les affaires tournent, tu n'es jamais tranquille, parce que tu ne sais jamais si le mois prochain, tu vas pouvoir payer ton loyer ou tes factures.
Voilà, maintenant, merci de m'expliquer en quoi je suis flemmarde / Je cède à la facilité / je n'ai pas le sens des responsabilités. 

4. Je suis responsable.


Je crois que c'est le truc qui me fait le plus rugir intérieurement, qu'on m'envie ou pas : soit on me voit comme un petit papillon qui profite du soleil, soit comme une débile qui n'a pas les pieds sur terre.
Sauf que non. 
Porter une boîte seul, ça demande un sacré sens des responsabilités, que ce soit pour que tes clients soient content d'avoir acheté chez toi ou pour être en règle avec le million et demi de réglementations.

Ça demande aussi d'y avoir sérieusement réfléchi à l'avance, d'avoir étudié toutes les possibilités, d'avoir fait des calculs d'apothicaires et de ne pas avoir besoin de trop de sommeil, d'être assez sûr de toi pour ne pas te décourager quand ça ne marche pas comme tu le voudrais.
Je ne vis pas au jour le jour selon là ou le vent me porte, au contraire, tout est réfléchi et calculé, étudié. Alors oui, tu fais un gros pari sur l'avenir et la prise de risque est maximum. Mais je n'appelle pas ça de l'irresponsabilité, mais la confiance en soi et à son idée. Je sais que ça peut marcher et je vais tout faire pour, même si ça doit prendre 10 ans.

Je rencontre pas mal de gens très sceptiques quand à mon activité (mais, heureusement, aussi beaucoup de gens très enthousiastes !)  et franchement, des fois je me demande si ce n'est pas juste une espèce de jalousie. Tu montres à ces personnes que le système dans lequel ils vivent, dans lequel ils croient dur comme fer et dans lequel ils se plaisent n'est peut-être pas le seul système possible. Et comme accepter de se remettre en question, ou tout simplement d'accepter que le chemin qu'on a choisit n'est pas forcément le meilleur pour tout le monde, n'est pas toujours facile, on préfère rejeter en bloc. C'est dommage. 

5. Faut une bonne dose de courage et de confiance en soi


Parce que que ce soit par jalousie ou une vision différente de la vie, il y a plein de gens qui font tout leur possible pour te décourager (d'ailleurs, vous avez rien de mieux à faire, sérieux ?), parce qu'ils pensent que tu n'y arriveras jamais, que ton idée est naze et que si eux ils la trouvent naze, c'est sûr que tout le monde pense pareil. 

Aussi, et ça aussi c'est vraiment relou, on me demande toujours si j'ai un business plan, si je sais ce que c'est que le branding, l'identité visuelle etc. Oui. Je sais tout ça, j'ai bossé sur tout ça. Je suis créatrice, mais pas assez teubé pour croire que les gens vont tomber par hasard sur mes créations et trouver ça merveilleux sans que je ne fasses rien d'autre. 
Donc, faut avoir les épaules solides, te batailler en permanence pour montrer ton sérieux et ta crédibilité et ne pas te laisser décourager. Bref, faut croire en toi, et quand t'es la seule à le faire c'est difficile. 
(bon en vrai je suis pas la seule mes potes sont à fond derrière moi et c'est vraiment trop bien)

6. Et faire des compromis.


Dans l'idéal, je ne ferais que ce j'aime faire. Mais la réalité est différente. Les clients te demandent des trucs qui te gonflent, aiment ce que toi tu aimes le moins et ne jettent même pas un coup d’œil aux créations sur lesquelles tu as mis un temps de dingue et sué sans et eau.
C'est comme ça. Des fois, tu va devoir bosser pendant des jours et des jours sur des projets super relous - mais c'est ce qui te fait manger, donc tu y vas. Mais pas trop non plus, parce que si je suis indépendante, c'est pour faire ce que j'aime. Si je ne fais que ce que j'aime pas, je ne voit plus l'interêt, et je vais aller bosser pour une boîte ou au moins, j'aurais des vacances et un peu plus de sécurité. Donc, oui, il m'arrive de refuser des projets : je ne fais pas ma Diva, je fais mon travail. Et non, je ne fais pas tout le temps QUE ce que j'aime. C'est un équilibre à trouver, et ça aussi c'est difficile. 

7. Ta vie amicale / familiale / sentimentale / sociale en prend un coup.


Parce que tu ne parles que de ça, vu que tu ne pense qu'à ça. Parce que tu as beaucoup moins de temps qu'avant pour les potes, les mecs, la famille. Et ils ne comprennent pas toujours : Ben, t'as pas de patron, tu peux bien partir trois jours en vacances avec nous, non ? 
Ben, non. Rappelez-vous, j'ai le boulot de 28 personnes à faire toute seule... Et ma priorité absolue, en ce moment, c'est mon boulot. Alors oui, je fais en sorte d'aménager du temps pour voir les gens, discuter, c'est aussi important pour moi - mais ça passe juste après.
Être créateur indépendant, c'est être prêt à sacrifier certaines choses. Pas tout. Mais mieux vaut y réfléchir à l'avance !

8. Mais c'est le pied.


Oui, malgré tout ce que je viens d'énoncer plus haut, je ne regrette absolument rien, ça fait partie des meilleurs décisions de ma vie. Je n'ai jamais autant bossé tout en ayant aussi peu de fric, mais ça vaut largement le coup.

Je suis bornée, je n'arrive à me donner à fond que quand quelque chose m'emballe vraiment et j'ai horreur de toute forme d'autorité. Bref, je suis une sale gosse, alors être indépendante me va très bien, parce que je bosse comme une ouf sans problème, vu que je choisis sur quoi je travaille, que je n'ai de comptes à rendre à personne et que je ne me laisse pas décourager aussi facilement que ça.

Et voilà tout pour aujourd'hui ! Si vous aussi vous êtes créateur ou créatrice indépendant-e, c'est quoi les trucs qui vous font le plus hurler de rage - ou au contraire, qui vous font kiffer grave ? Si vous voulez vous lancer en indépendant, c'est qu'est ce qui vous motive, et qu'est ce qui vous fait peur ?

Allez, à plusieurs, j'suis sûre on peut arriver à s'en sortir. (Bon en vrai j'ai juste mis cette image parce qu'elle me fait bien rigoler)





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14 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.

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  2. Et bien je le trouve vraiment très intéressant cet article ! Merci !

    J'ai des projets en cours, sans être prête à me lancer entièrement dedans (pour le moment) je bosse dès que je peux après mon boulot "alimentaire".
    Tu demandes ce qui peux nous motiver ou nous faire peur si on veut se lancer : et bien moi je n'ai pas vraiment peur puisque je compte garder mon boulot (au moins au début), j'ai besoin de cette sécurité, mais je sais qu'elle empêche aussi de se lancer à fond. Mais je ne veux pas absolument vivre de mes créations, pour l'instant je veux surtout avoir un projet à moi, quelque chose qui me permette de m’accrocher et de tenir le coup dans un job pas des plus passionnant.

    Mon délire moi c'est l'illustration, l'écriture et la photo (oui je suis trèèèèèès originale, mais comme dit ma mère, il y a de la place pour tout le monde faut juste en avoir vraiment envie et se bouger). Bref ma motivation c'est avant tout de pouvoir faire quelque chose que j'aime, une chose que je n'ai pas dans mon boulot, donc je vais le chercher moi même.

    C'est un long commentaire, mais j'aime ton article et ton blog ! Et je suis bien contente que tu sois de retour avec pleins de chouettes articles !

    Bon courage et bravo !

    J'espère que l'on pourra voir tes créations un jour ! :)

    Aude

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  3. pompes. J'envie que tu es eu les couilles de te lancer malgré les difficultés quotidiennes ! J'ai "chance" d'avoir le boulot a vie (fonctionnaire un jour fonctionnaire toujours) ça ne me rends pas plus relax et souriante pour autant ! Bien au contraire je suis frustrée derrière mon écran, mon bureau gris et mes collègues à la c..
    Comme quoi il faut mieux faire quelques compromis en faisait ce que l'on aime, c'est dure oui mais il ya la satisfaction de son travail et de l'amouuuuuurrrrrr que l'on lui porte. Bon courage en tout ca et amuses toi bien (c'est le principal)

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  4. J'envie que tu es eu les couilles de te lancer malgré les difficultés quotidiennes ! J'ai "chance" d'avoir le boulot a vie (fonctionnaire un jour fonctionnaire toujours) ça ne me rends pas plus relax et souriante pour autant ! Bien au contraire je suis frustrée derrière mon écran, mon bureau gris et mes collègues à la c..
    Comme quoi il faut mieux faire quelques compromis en faisait ce que l'on aime, c'est dure oui mais il y a la satisfaction de son travail et de l'amouuuuuurrrrrr que l'on lui porte.

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  5. oh lala j'ai adoré !!! tout est tellement vrai !! Ce qui me fait grincer des dents c'est quand on me demande " sinon c'est quoi ton vrai boulot ?", et pour le kif c'est la Liberté;
    Mais c'est une merveilleuse aventure et comme dans toutes aventures, il y a des moments heureux et d'autres pas du tout, mais je ne regrette rien

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  6. Merci pour cette description fine et humoristique de ta situation professionnelle, un jour j'en écrirai un pour les profs aussi! (je pense qu'on peut se comprendre sur certains points, si si je t'assure)
    Je relis ton mail...(je pense l'imprimer et le mettre sous transparent pour les prochaines années!) merci encore pour toutes tes précisions! Bise.

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  7. comme je te comprends, comme toi j'ai créer toute ma vie mais en ayant un boulot car je n'ai pas eu les couilles de me lancer faut dire qu'avec RSI il y a de quoi se tirer une balle dans le pied. En tout cas j'ai bien rigolé en lisant ton article car tus as beaucoup d'humour et aussi ce que tu écris est le reflet de la réalité. As-tu une boutique ? car je ne connais pas tes créations je suis inscrite sur ton blog depuis peu mais je ne vais pas lâcher une nana si courageuse et si tu as besoin d'aide, je marche gracieusement*
    alors à bientôt

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  8. hahahaha ! tu m'a piqué ma vie, meuf !
    pour résoudre le problème de la vie sociale, je me suis créé une vie de bureau parallèle :
    www.sijavaisunpinceau.blogspot.com
    on ne se connais pas, mais je suis sûre que tu ne m'en voudra pas de te faire un bisou.
    (BTW, contente de te relire!)

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  9. "& sinon, tu vas trouver un vrai boulot quand ?" Oui, je sors.
    Perso (et toute ironie mise à part, je suis épatée par tout ce que doivent faire eux-même les indép (de la femme de ménache à la commerciale ...). Quel courage ! & quel boulot !
    (& en plus, vous trouvez le temps d'avoir un blog, de parler de bricolages et de couture, tout ça pour nos beau yeux. Alors en plus du merci, un gros BRAVO !)

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  10. C'est la grande question que je me pause en ce moment : est ce que je dois me lancer en tant que Freelance? J'ai finis mes études l'an passé, je cherche du boulot, et la question du freelance est souvent revenus sur le tapis. Je ne me suis jamais imaginé ainsi et je trouve que le concept me correspond assez bien. Mais je n'ai aucune idée de comment commencer? Je ne sais pas par où aller, ni comment faire! La totale liberté, me perd un petit peu. Mais en tout cas merci pour cet article, il confirme mon envie de me lancer dans cette aventure!

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  11. C est par hasard que je suis tombée sur ton blog, super sympa au passage, et en tant que créatrice indépendante je me suis reconnue dans ton article, et je suis d'accord trimer comme une dingue pour soi c est le pied. Bonne continuation

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  12. Très chère toi ! Tu es magnifique et j’ai juste envie de t’envoyer mille bravos et mille mercis pour ce bel exemple que tu offres au monde. J’ai atterri sur ton site grâce à ton article sur la fabrication maison de peinture ardoise... car j’ai moi aussi des idées un peu barrées. XD En l’occurrence, ça fait 3 ans que je voyage et que je bosse au gré des rencontres mais avec la contrepartie du ’’pas de chez-moi’’. Là, je viens juste d’assumer mon choix d’en avoir un qui soit mobile et donc, outre mes talents de couturière, je pensais aménager mon futur intérieur avec un poil de cette peinture magique ! ^^

    Merci en tout cas pour l’inspiration et je te souhaite tout le meilleur du plus profond de mon p’tit coeur! ♡

    Irène.

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  13. Bravo !!
    J'aurai juste envie d'apporter une once d'encouragement pour les jours qui en manquent et du remerciement pour ta générosité et l'énergie que tu transmets..
    Quelle belle approche de la vie !
    Au plaisir 😊

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